Dedans Syon
(Chant Royal de la Conception Nostre Dame)
Les Blasons du Beau Tétin, et du Laid Tétin [see
epigrams]
Fragment from l'Enfer, in which Marot describes his roots...
Entends apres (quant au point de mon
être)
Que vers Midi les hauts Dieux m'ont fait naître:
Où le Soleil non trop excessif est:
Parquoi la terre avec honneur s'y vêt
De mille fruits, de mainte fleur, et plante:
Bacchus aussi sa bonne vigne y plante
Par art subtil sur montaignes pierreuses
Rendants liqueurs fortes, et savoureuses.
Mainte fontaine y murmure, et ondoie,
Et en touts temps le Laurier y verdoie
Près de la vigne: ainsi comme dessus
Le double mont des Muses Parnassus:
Dont s'ébahit la mienne fantasie,
Que plus d'Esprits de noble Poësie
N'en sont issus. Au lieu, que je déclaire,
Le fleuve Lot coule son eau peu claire,
Qui maints rochiers traverse, et environne,
Pour s'aller joindre au droit fil de Garonne.
A bref parler, c'est Cahors en Quercy,
Que je laissai pour venir querre icy
Mille malheurs: ausquelz ma destinée
M'avait soumis... [vv. 377-398]
... that I was born in the Midi, where the sun burns but
not excessively [follows a bucolic passage about the vegetation and a
reference to the mount of the Muses, Parnassus]. On that place where flows
the troubled water of the River Lot, having forced its way through or around
many rocks, to join the straight line of the Garonne, in short: it is Cahors
en Quercy...
Rondeau LIV A une Dame, pour luy offrir cueur, et service
Tant seullement ton Amour je
demande,
Te suppliant que ta beaulté commande
Au cueur de moy, comme à ton serviteur,
Quoy que jamais il ne desservit heur,
Qui procedast d'une grâce si grande.
Croy que ce cueur de te congnoistre amande,
Et vouluntiers se rendroit de ta bande,
S'il te plaisoit luy faire cest honneur
Tant seullement.
Si tu le veulx, metz le soubz ta commande:
Si tu le prends, las je te recommande
Le triste Corps, ne le laisse sans Cueur,
Mais loges y le tien, qui est vainqueur
De l'humble Serf, qui son vouloir te mande
Tant seullement.
Only for your love I aks you ,
Begging you that your beauty might rule
This heart of mine as your servant,
Although it does not deserve the good fortune
That proceeds from such great grace.
Put to music by
Mittantier (v 1-5), Guyot (v 1-5), Crequillon (v 1-3,7-8), Pevernage (v 1-5)
Rondeau LXIV D'une Dame, à ung Importun
Tant seullement ton repos je
desire,
T'advertissant (puis qu'il fault le te dire)
Que je ne suis disposée à t'aymer:
Si pour cueillir tu veulx donc semer,
Trouve aultre champ, et du mien te retire.
Brief, si ton cueur plus à ce
chemin tire,
Il ne fera que augmenter son martyre,
Car je ne veulx serviteur te nommer
Tant seullement.
Tu peulx donc bien aultre maistresse eslire:
Que pleust à Dieu qu'en mon cueur pusses lire,
Là où Amour ne t'a sceu imprimer:
Et m'esbahis (sans rien desestimer)
Comment j'ay prins la peine de t'escrire
Tant seullement.
Amour, et Foy sont bien appariez,
Voire trop mieulx ensemble mariez
Que les humains, qu'en ce Monde on marie:
Car jamais Foy de l'Amour ne varie:
Et vous humains bien souvent variez.
Dames de cueur icy estudiez:
Ces deux beaulx dons Dieu vous a dediez,
Et sont seans en haulte seigneurie
Amour, et Foy.
Tant sont uniz, tant sont bien alliez,
Qu'oubliant l'ung, l'autre vous oubliez:
Si l'Amour fault, la Foy n'est plus cherie:
Si Foy perit, l'Amour s'en va perie:
Pour ce les ay en devise lyez,
Amour, et Foy.
The Posy Ring ["translation" of the last part]: This on thy posy-ring I've writ:
"True Love and Faith"
For, failing Love, Faith droops her head,
And lacking faith, why, love is dead
And's but a wraith.
But Death is stingless where they've lit
And stayed, whose names hereon I've writ.
(Ford Madox Hueffer (1873-1939))
Si j'ay du mal, maulgré moy je le porte,
Et s'ainsi est, qu'aulcun me reconforte,
Son reconfort ma douleur poinct n'appaise:
Voylà comment je languis en mal aise
Sans nul espoir de liesse plus forte.
Et fault qu'ennuy jamais de moy ne sorte,
Car mon estat fut faict de telle sorte,
Des que fuz né. Pourtant ne vous desplaise,
Si j'ay du mal.
Quand je mourray, ma douleur sera morte,
Mais ce pendant mon pauvre cueur supporte
Mes tristes jours en Fortune maulvaise:
Dont force m'est que mon ennuy me plaise,
Et ne fault plus que je me desconforte,
Si j'ay du mal.
If I am pain, I
bear it despite myself: / And should someone try co comfort me, / His
comfort can not appease my grief; / That is why I pine away in discomfort, /
with no hope whatsoever that delight will overcome.
And it has to be that sorrow will never leave me, / For the state of my
being was designed that way / from my birth. So don't get upset, If I am in
pain.
And when I die, my grief will be dead; / But meanwhile, my poor heart
endures / My sad days in Misfortune: / That's whay I am obliged to enjoy my
pain / And should not be troubled anymore, if I am in pain.